mardi 26 janvier 2010

A quoi reconnait-on le libanais?

Ou sélection (parce que c'est un exposé en plus de 190 points tout de même...) des meilleures remarques du groupe facebook éponyme.


- Il appelle tout le monde « habibi »
- Il arrive une ou deux heures en retard à une soirée ou à un rendez-vous, et il pense que c'est tout à fait normal.

- Il/Elle a 23 ans, presque engagé(e) dans la vie, mais il vit toujours chez ses parents, et son couvre-feu est à 23h.
- Sa mère l'appelle (trop) souvent.
- Partout où il va, il se trouve un cousin.
- Il dit "ferme la lumière" au lieu de "éteins la lumière".

- Peu importe qui est l'interlocuteur, ni ce qu'il fait dans la vie, s'il est libanais, alors il est potentiellement intéressant.
- Beaucoup de ses valeurs datent du 19è siècle.
- Quand il arrive en France à l'âge de 20 ans, sa façon de parler français date du 19è siècle aussi.

- Quand il rencontre un libanais, il se sent obligé de lui demander de quel village il vient.
- Il appelle sa grand-mère « Téta » et son grand père « Gédo ».
- Ses cousins n'ont pas de noms. Ils s'appellent « bint khalé » (la fille de mon oncle) ou « ebin aamté » (le fils de ma tante).

- Il est toujours en retard, sauf s'il y a une histoire d'argent à la clé.
- Il est fier de ses ancêtres les Phéniciens, au point qu'il se dit être Phénicien. Un peu comme si un français se réclamait Gaulois.
- Il a des drapeaux libanais, des portes clés, des briquets, et des colliers à l'effigie du Liban.
- Il s'énerve quand les arabes ont le rôle des terroristes dans les films américains.
- Au restaurant, lui et ses confrères libanais se chamaillent pour savoir qui aura le privilège de payer l'addition, tandis que leurs amis français auront la tête plongée dans leurs calculettes afin de départager l'addition selon ce que chacun a consommé.
- Chez lui, il y a toujours toute sa famille depuis déjà 5 ans, qu'il héberge « temporairement ».
- Il a plus de famille au canada, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en France, en Belgique, en Afrique...qu'au Liban.
- Il prononce la lettre « h », normalement muette dans la langue française.

- Pour lui, la frime passe avant l'intellect. Bien qu'il soit cultivé, il véhicule une image de macho, aimant les grosses voitures, l'argent, le sport, et les belles femmes.
- Elle (la libanaise) aime mélanger les langues française, anglaise, et arabe dans une seule et même phrase. Elle trouve ça « in ».
- Il est lésé et blessé quand on insulte K-maro.
- Quand il va dans un café, il met en évidence sur la table les 2 telephones portable, les clés du 4X4 et le paquet de cigarettes.
- Il est capable sur un coup de tete de partir jusqu'à Tripoli pour manger du "la7me B 3ajin" à 3h du matin.
- Le libanais insulte et klaxonne la personne qui a osé commettre le délit de s'arreter à un feu rouge.
- Le libanais trouve normal et accepte avec un naturel impressionnant de partager son taxi déjà rempli par 8 autres personnes.

- Il dit "Tu descends au Liban cet été?" et non pas tout simplement "Tu VAS au liban cet été?".
- Il répond "bonjoureeeeeiiiiinn" quand on lui dit bonjour
- Il répond (vous l'aurez deviné) "bonsoireeeeeiiinnn" quand on lui dit bonsoir !

- Il a une façon étrange de dire bonjour : "Hi kifak ça va ???"
- Il a une façon étrange de dire au revoir : "Yalla byeee"
- Il distille une dizaine de "enno" dans ses phrases, même quand il parle à des interlocuteurs français !!!

- Le Libanais klaxonne à chaque virage lorsqu'il conduit.
- Il se permet d'emprunter la voie inverse en cas d'embouteillage créant un bouchon de l'autre coté et ainsi de suite, et ça n'en finit jamais...

- il y a toujours 20 personnes qui viennent chercher ou qui accompagnent un Libanais à l'aéroport... et quand il arrive en Europe ou en Amérique, il fait attendre toute la file à cause de ses produits "balade" (wara2 3arich, mrabba) qui intriguent les douaniers.
- Il dit "J'arrive" à ses amis qui l'attendent en ville, alors qu'il n'est toujours pas sorti de chez lui.
- Le libanais dit "na3iman" à celui qui sort de la douche, ce qui n'est absolument pas traduisible en français. C'est comme si en France on disait "bon bain" à quelqu'un qui sort du bain .......
- Ils sont les inventeurs de cette célèbre onomatopée "ufffff!!!!!" utilisée à tout bout de champs....
- Le mot le plus employé dans sa langue est "CHOU" !
- Ni aspro ni doliprane, il ne jure que par le PANADOL!!! Ce comprimé est avalé par le Libanais en toutes circonstances : mal de tête, cassage de jambe, infarctus.....bref, il le prend à toutes les sauces.
- Le libanais pense que le film Caramel est la plus grande oeuvre cinématographique du monde.
- Les libanais(es) sont champions du monde de cette discipline sportive à haut risque.....LE MISSED CALL..........

- Le libanais se sent insulté lorsqu'une fille lui dit qu'elle veut payer, il lui répond par une onomatopée aussi bizarre qu'amusante, le fameux et célébre................WAAAALLLAWWW!
- Le libanais n'a pas le concept de la mesure exacte. Demain sera dans un mois, hier c'était il y a quelques années, les 100 grammes deviennent 10 kilogrammes et son acte de bienfaisance devient une action humanitaire.
- La Libanaise sait se faire un brushing avant meme de savoir parler et ne comprend pas comment les européennes peuvent se négliger. Uff ya3ni, ma23oul?

Hi, kifak ça va?

Ou quid du bien parler libanais.

Hi kifak ça va? ça veut dire "Bonjour, comment ça va, ça va?" * pour un garçon (pour une fille ce serait "hi kifek ça va?")
Et c'est une des expressions les plus courantes ici pour dire bonjour.

Au Liban, on parle plusieurs langues. Et on aime tellement ce multilinguisme qu'on en use et abuse.
Je m'explique. Le Hi, kifak, ça va?, expression qui regroupe à elle-seule anglais, arabe et français est représentative de ce qui se passe au Liban.

On aime à mélanger les langues, ici.
Ce qui peut faire encore plus classe, c'est de faire croire qu'on ne parle pas bien arabe quand on le parle. Le français c'est quand même nettement plus classe..
Pour cela, il suffit de ne pas rouler les "r" et de glisser un maximum de mots français dans la conversation arabe.

Expressions courantes:
-"merci ktir", soit merci (français) beaucoup (arabe)
-tab ok, soit bon (arabe) d'accord (anglais)
-yalla bye, soit allez (arabe), au revoir (anglais)

Autre chose. Au Liban, on aime glisser des expressions ci et là. Du genre de "tu as suuu?" (pour dire tu savais que...?) ou encore "chouuu?" pour "comment/quoi?" et surtout les fameux surnoms affectueux "habibi" (chéri-e-) ou "hayete" (ma vie).

Ca peut rapidement devenir cocace.

Démonstration:

"-Hi kifek ça va?
-ça va, ça vaaaa!
-chou, habibi, tu as suuuuuu?
-tu (intraduisible) j'ai pas suuuuuu.
-tab yalla je te raconte...
-hiiiiiiii "

Autre chose qui peut arriver, et mise en avant dans un group facebook assez fameux " A quoi reconnait-on le Libanais":
Le libanais pense en Libanais pour s'exprimer en français. Il traduit donc des phrases et proverbes libanais intraduisibles en français car incompréhensibles.
Ex:
-"Oui monsieur, nous sommes tous sous votre calcul"
"akid estez,ne7na kelna ta7et 7sebak"

-"Chou kifak??.....Wallah metel el lira!!"
"Alors ça va??....oui merci, comme un euro!!!"

-"Salut!! alors quels sont tes informations"
"Kikak!! chou akhbarak"

"Drob frem"
"Frappe le frein"

Rajoutez à ça quelques petites fautes de temps (comme le "tu as suuuu?")...

- "Il a demandé de toi" pour "il a demandé de tes nouvelles"
- "le professeur est venu" pour "il est arrivé"
- "Il a voyagé" : il est parti en voyage
- "Il a quitté" : il est parti en voyage
- "Tu as aimé?" : tu aimes

....et vous obtiendrez du vrai bon parler libanais!

Au final c'est à se demander si apprendre le libanais, c'est pas plus compliqué qu'apprendre à parler à l'arabe!

Emma y-a y-a Emma y-a y-é...


Alors, Ema, c'est quoi? C'est la fameuse glace syrienne, à base de lait, de mastic (qui lui donne sa texture chewy si particulière) et d'eau de rose, le tout allègrement "tapé" à l'aide de l'instrument de torture en photo ci-dessous.
La glace rejoindra ensuite un pédiluve de pistaches et noix de cajou avant d'être soit plantée dans un cornet, soit plantée dans un bol en verre, prête à être dégustée.


A Makdash, la Ema, on connait, et on en est fier. Tellement fier qu'on lui a reservé une surface assez importante en plein coeur du fameux souk el Hamadiyé.
C'est un détour culinaire incontournable si vous passez à Damas!
Et il n'y a pas de "mais c'est l'hiver" ou "mais les températures avoisinent les 0 degrés celsius" qui tienne!


En bonus: une petite vidéo bruyante trouvée sur youtube qui montre un aperçu du fameux souk et la préparation de la fameuse glace...
http://www.youtube.com/watch?v=NHz5X8oeKi0

mardi 12 janvier 2010

C'est pas faux...


(je précise que comme vous vous en doutez dans la dernière vignette, la jeune fille se lâche au niveau des insultes..)

mercredi 6 janvier 2010

Ou la dose de savon d’Alep pour environ une vie.


Damas, c’est la mosquée des ommeyades, c’est les souks, c’est les taxis silencieux, mais c’est aussi les hammams.
Et là vous allez me remercier. Pour vous, Lau a testé le hammam de quartier syrien. Et quand je dis « de quartier » c’est parce qu’il est tellement introuvable que c’est une chance que je l’ai trouvé, mais aussi parce qu’outre le fait qu’il soit destiné aux happy few, il n’y avait pas un européen dans un rayon de 10km.
Alors le hamman syrien, comment ça se passe ?
Minute papillon, déjà les horaires. Ce hammam était ouvert pour les femmes seulement les mardis et mercredis, de 12h à 17h. Pour les hommes, il est ouvert tous les autres jours jusqu’à minuit (et le mardi et mercredi de 17h à minuit donc).
Les pris sont très raisonnables (voir dérisoires d’un point de vue européen): 300 livres syriennes, soit 6 dollars pour le hammam qui comprend gommage au gant de crin (et au savon d’Alep) et massage (également au savon d’Alep… quand je vous disais « pour environ une vie », c’était pas de la blague…)
Je m’explique. J’entre donc dans le hammam, telle une petite chose européenne qui baragouine trois mots d’arabe mais qui a la foi. Je laisse mon argent, mon passeport, bref, mes choses de valeur dans un petit tiroir, on me met la clef en bracelet. Jusque là tout va bien. J’ai un peu peur mais je gère. Enfin c’est ce que je croyais. Direct je me mets en maillot, à la bienn, parce que de toutes manières, autour de moi, toutes les autres sont soit top less soit bien bien dévêtues. Ici, je le comprends rapidement, c’est plutôt du genre « pas de chichis ». Mes camarades de hammam ont tous les profils : jeunes bien foutues, vieilles avec poitrine qui arrive allègrement au niveau des cuisses et jeunes enfants aussi.
On me propose tout de suite une épilation au sucre. Et quand je dis « on » je parle d’une des mamas syriennes bien en chair qui tient le hammam et qui est tranquillement en train de se faire poser sa coloration capillaire, coloration qui a d’ailleurs décidé de couler allègrement dans le cou/dos/nuque de la mama, créant ainsi un effet dripping polokien pour le moins inattendu et inesthétique.
Revenons à l’épilation au sucre, sans les vilaines bandes. Là je pense au film Caramel de Nadine Labaki et je me dis que ça fera des souvenirs. Et ben pour avoir des souvenirs, j’en ai des souvenirs! C’était pour le moins tonique et efficace dirons-nous ! Et vas-y que j’te mets dans cette position, c’est plus simple et vas-y que j’te retourne et vas-y que « tu peux te mettre debout ? » et vas-y que « tiens, mange, c’est très bon » -« euh oui, mais comment te dire, là il est 12h et j’ai pas très faim en fait » « mais c’est très bon, AKL (MANGE !) » bon, ok, je prends une bouchée à même la main (imitant docilement les mamas syriennes) BAM de la viande avec de l’aïl en mode kebbe nayyé. A midi. Sans préparation. En maillot. Pendant une épilation. La base quoi.
Pendant cet instant privilégié (et douloureux) je vois entrer une dame toute de noir vêtue. Elle entre dans le hammam avec ses trois enfants et se retrouve, en 5 minutes, dans la même situation que moi : almost nue comme un ver, à papoter avec des amies. Et hop, elles commandent un thé, et hop, elles s’allument une clope. Dans un hammam syrien, pour 100LS, on peut même commander un narguilé !
Pas de narguilé pour moi puisqu’une deuxième mama syrienne a décidé de me prendre en charge pour mon baptême hammamien.
Bizarrement je sens que je vais prendre cher vu sa morphologie. Je suis perspicace. Elle me traine dans la salle principale où toutes les autres papotent en s’arrosant le corps d’eau brûlante. Et BAM premier seau d’eau dans ma tête. Même pas le temps de réaliser qu’elle enchaine avec un deuxième, puis un troisième, puis un quatrième. C’est l’effet mousson libanaise sur mon visage mais je suis censée être consentante (j’ai même payé pour ça, donc j’assume). C’est là qu’intervient mon premier SHAMPOOING au savon d’Alep ; moi, en tailleur sur le sol. Les yeux fermés, j’ai envie de crier stooooop. Cela dit je réfléchis au savon qui enduit allègrement mes cheveux et mon visage et j’avoue que l’idée d’avaler la fierté d’Alep me fait me ressaisir. Au quatrième shampooing, je vois enfin la lumière au bout du tunnel : la mama syrienne me fait signe de la suivre. Dois-je préciser qu’à ce moment, j’ai toujours peur d’ouvrir les yeux ??
Direction la salle de sauna avec la vapeur chaude. Là, la mama m’abandonne. Là, je profite enfin du hammam, tranquillement et sereinement. Au bout d’une demi-heure, quand je sens que je vais entrer en éruption tellement le Vésuve, à côté de moi à ce moment, il m’arrive pas à la cheville, je décide de sortir discrètement, en espérant passer inaperçue.
C’est peine perdue, la mama syrienne m’attend à la sortie, toute contente de pouvoir enfin s’attaquer à la phase GOMMAGE.
Et vas-y que j’te mets du savon d’Alep à l’endroit où ensuite je vais énergiquement passer le gant de crin. Les jambes, ca va. Le dos ça va. Même les pieds ça va. Cela dit quand je vois la mama me mettre du savon d’Alep dans le cou, là je stresse. En mode « viens là ma mignonne ». Je m’imagine un instant être l’anguille qui tente de s’échapper des mains de Maïté. Peine perdue, la mama a de l’expérience. Et de la poigne aussi. Nom de diou, le massage promet. Ah ba tiens, puisqu’on en parle, ça tombe bien. 20 minutes de malaxage dynamique plus tard, la mama me laisse dans un piteux état.
État tel que je n’arrive pas à savoir si je suis reposée et détendue ou tout simplement massacrée.
Il n’en demeure pas moins qu’après m’être acquittée de la somme due, je ressors du hammam heureuse d’avoir vécu ça. Et de pouvoir mettre les autres en garde. Le hammam : oui ! mais il faut du courage ! Hammam-mamia !!!