Ce qui mérite vraiment l’attention du visiteur, c’est la vieille ville, sa mosquée des ommeyades, son souk couvert aux milles trésors, ses douceurs, ses petites rues, son Palais Azem, son musée National etc.
Ah les souks de Damas. C’est un peu une pomme au temps d’Adam et d’Eve mais puissance 1000.
Tout y est tentation. La glace madrasak, les nougats aux pistaches, à la rose, les loukoums, les brioches aux dattes, les bonbons, les shawarmas, les tissus. Tout est coloré, tout sent bon. Et le pire c’est que tout est abordable, pour peu qu’on ait une âme de phénicienne et qu’on aime marchander...
L’arrivée à Damas par Beyrouth, c’est assez simple. Il y a deux points de départ : un à Hazmieh, l’autre à la station Charles Hélou. Une fois à Charles Hélou, il faut attendre que le taxi qui accepte de nous amener en Syrie se remplisse. A deux, il a donc fallu attendre deux autres personnes. Une chance pour nous, certains taxis choisissent de remplir leur taxi à ras bord, c'est-à-dire avec 5 personnes en plus du chauffeur. Le 5e voyageur s’asseyant entre le conducteur et la place du mort. Sur le levier de vitesse oui oui… Donc, pour 25 000 livres libanaises ou 17 dollars, le taxi vous amène en Syrie en comptant une escale dans un café sur la route puis plusieurs arrêts : un à la sortie du territoire libanais pour "tamponnage" de passeport, puis un à l’entrée du territoire syrien. On peut acheter son visa sur place, ce que j’ai fait pour la modique somme de 28 dollars. Ensuite direction l’Ifpo Damas où j’ai été gracieusement logée, étant à la base stagiaire Ifpo Beyrouth. Arrivée dans la nouvelle ville donc. Et là je me dis « c’est ça Damas ?? ». Comme dit le Guide du Routard, Damas ne se laisse pas dévoiler au premier abord. La nouvelle ville ne présente pas beaucoup d’intérêt, à part si vous êtes à la recherche de vêtements et chaussures kitschs et cheap. Première observation sur la ville de Damas : c’est calme. Pas de klaxons pour rien, en voilà des vacances auditives ! Les voitures s’arrêtent aux feux rouges et redémarrent au feu vert : woaww, ça faisait longtemps ! Deuxième observation : Al-Assad fils est partout. Et quelque fois avec Al-Assad père. Culte de la personnalité quand tu nous tiens. Il est en photo dans toutes les boutiques, il est en statue sur toutes les places, on peut acheter des briquets, des portes clefs à son effigie, et même des magnets « I love Al-Assad ». Si ça c’est pas de l’amour…ah non ? ah. Bon.
Jezzine, selon le Petit futé (seul guide sur le Liban sur lequel on peut espérer tomber dans les librairies françaises…. –ba oui, le Liban, c’est dangereux et « personne ne veut y aller » de toutes manières..) c’est une ville à 30km de Saida, suspendue au-dessus d’un pic où se précipite l’ouadi Jezzine.
Bon. Après cette petite virée Saïda, petite virée Jezzine, petite ville en plein milieu du Chouf. Une bonne demi-heure de bus plus tard et nous-y voici.
Selon le guide, ce qu’il y a à voir c’est l’Eglise Saint-Maron (qui a donné son nom aux chrétiens du Liban, les maronites, et qui date du XVIIIe siècle) et la cascade.
Après la rencontre d’une charmante vieille dame dans le bus, arrivée à Jezzine. La charmante dame nous propose de déposer ses paquets chez elle avant de faire un tour dans la ville avec nous. Ni une ni deux nous la suivons. Il s’est averé que cette dame était tout simplement « la reine du village » comme nous l’avons surnommée. Elle connaissait tout le monde et habitait la maison qui jouxtait la mairie. Et, mieux encore, elle possédait tous les terrains sous la cascade, ce qui nous a permit de passer quelques barrières (physiques) pour mieux apprécier la beauté du site et cette eau qui se jetait d’une hauteur de 40 mètres.
Jezzine, c’est un petit village calme et accueillant, avec des vues sur le paysage environnant assez exceptionnelles. Et c’est un village à dominante chrétienne. Donc qui vénère tout simplement Noël.
C'est-à-dire que si, comme nous, vous avez la lumineuse idée d’aller y faire un tour un 24 décembre, vous allez vous retrouver au beau milieu d’une chose des plus kitschs, j’ai nommé la fanfare du village… avec son cortège !! Et voilà t-y pas que des cracheurs de feu, des peluches géantes, des filles sur des échasses se mettent à précéder la fanfare et son tour du village avec tous les habitants soit aux fenêtres, soit autour de la procession, laquelle se fermait tout de même par deux camions qui distribuaient aux enfants des petits sachets pleins de friandises, le tout sponsorisé par le pharmacien du coin ! Certes, c’était kitsch, mais sans ça, Noël, ce serait nettement moins marrant tout de même, non ?
En tous casje me joins à Jezzine pour vous souhaiter en retard un Joyeux Noel ainsi qu’une très bonne nouvelle année, pleine de découvertes et de rencontres!
Alors voilà, depuis un p'tit bout de temps il fait beau à Beyrouth. Quand je dis il fait beau c'est-à-dire qu’on n’a plus de pluie torrentielle mais environ 15-17 degrés et du soleil, et ça, vous en conviendrez, c’est pour le moins TRÈS agréable un 24 décembre.
En plus, ça donne envie de se bouger un peu et de découvrir autre chose que Beyrouth. Voila donc comment je me suis retrouvée un jour à Saïda (ou Sidon, en arabe), charmante ville libanaise authentique et encore peu assaillie par les touristes avides d’orientalisme. Et pourtant dieu sait s’il y a des choses à voir à Saïda.
Commençons par le début. Pour arriver à Saïda quand on n’a pas le permis comme moi (sans forcément l’avoir loupé quatre fois, comme moi..) on peut très bien se déplacer en bus. Les villes côtières sont en effet relativement bien desservies par tout un système de transports en commun.
Plusieurs spots dans Beyrouth permettent en effet de prendre ensuite un bus qui amène directement dans la ville choisie, pour la modique somme de 1500LL ou 2000LL (soit environ 1$).
Direction donc, dans un premier temps, « Cola », station qui regroupe les bus à destination des villes du sud, dont Saïda.
1h et demie de cahotage dans le bus plus tard, me voici à Saïda, troisième ville du pays (165 000 habitants).
Saïda qui abrite un petit souk charmant et pour le moins authentique et vrai (contrairement à ce qui emprunte la même dénomination de souk à Beyrouth et qui n’est en réalité qu’un ensemble de boutiques de luxe plus connu sous le nom de « rues commerçantes » en France..).
A Saïda, certains commerçants travaillent le bois et réalisent les moules qui servent à la confection de ces sablés délicieux aux milles calories (pour changer) qui se mangent surtout à Pacques : les maamouls (différents formes de moules selon le contenant du sablé : pistaches, dates etc.)
A Saïda, il y a une petite place toute mignonne et sur laquelle chahutent des enfants, s’élèvent des affiches de Hariri, une mosquée, un café qui sert « ahoué » (café), chaï (thé) et narguilé.
C’est cette ville qui est le fief de l’ancien Premier minsitre, Rafic Hariri, ce qui explique sa dominante sunnite et le fait qu’on y trouve moins facilement d’endroits où boire de l’alcool.
Mais revenons à nos moutons, Saïda, disais-je, regorge de joyaux en tous genre. Il y a notamment le musée du savon, le palais Debbané (du nom de la famille qui le possède depuis 1800), 1500 m², construit en 1721 selon une architecture arabo-ottomane,. L’entrée est gratuite et l’intérieur est tout simplement splendide, au même titre que la vue que le palais offre sur la ville , laquelle est en pleine reconstruction_grâce aux fonds de diverses associations, notamment celle de Hariri, des Debbané etc._ et toujours une une égliseet face à elle, une mosquée. Les suisses repasseront..
Saïda, c’est aussi le château de la mer (Cf photo ci-dessus) avec ses colonnes en marbre rajoutées bien après sa construction initiale afin de la fortifier, le caravansérail « des Français » (Khan el-Franj) et un déjeuner de poisson frais sortis tout droit du port de Saïda et grillés ou fris sous nos yeux…
Ou titre le plus tiré par les cheveux fais ton apparition…
Haha. Bon, vous l’avez compris, je vais vous parler d’œuf et d’exposition. Et là vous vous dites « mais ouiiiii ». Ou pas. Pour ceux qui auraient loupé un épisode, petit cours de rattrapage : « L’egg » comme on l’appelle à Beyrouth, c’est l’ancien cinéma complètement ravagé par la guerre, qui tombe quelque peu en ruines actuellement et qui se situe à deux pas de la Mosquée bleue beyrouthine. L’egg, qui possède un groupe facebook intitulé « Save the egg » regroupe un nombre impressionnant de fans désireux de sauvegarder quelque bâtiments historiques en l’état afin de se souvenir. C’est ainsi que l’ancien cinéma s’est reconverti en salle d’exposition. En ce moment y prend place l’exposition 23 visions, une exposition de photos d’artistes libanais qui offrent chacun un visage différent du Liban. L’un expose des portraits, l’autre des photos de manifestations pour l’indépendance du Liban, celui-ci se prend pour Yan Arthus Bertrand et celui-là s’amuse du marc de café en en faisant du body painting et expose les résultats photographiques de ses modèles, l’un joue sur le pathos, l’autre se contente de photographier des paysages. En bref, une exposition pour le moins hétéroclite qui vaut la peine d’être vue pour certains clichés marquants, ou sinon ne serait-ce que pour la magie du lieu (humide et par endroits impraticables en raison de la mousson libanaise qui s’était abattue sur la ville quelque jour auparavant –l’imperméabilité du lieu étant loin d’être établie_)
Voici venu le temps… de reprendre ce blog laissé quelque temps en jachère.
Entre temps j’en ai fait des choses, et pour cause, j’étais en vacances ! J’ai donc eu l’occasion de pas mal vadrouiller dans le Liban et aussi de m’offrir 5 jours à Damas.
C’est parti pour le récit de mes aventures !